"Une religion est un système solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées, c'est-à-dire séparées, interdites, croyances et pratiques qui unissent en une même communauté morale, appelée Eglise, tous ceux qui y adhèrent. "
Emile Durkheim, Les Formes élémentaires de la vie religieuse , 1912
"L'homme est un animal religieux" Feuerbach, L'essence du christianisme
"La religion est l'opium du peuple." Marx
Dans la tradition bouddhique, il y a cinq exercices fondamentaux de méditation, chacun d'entre-eux étant un antidote de l'un ou de l'autre des « cinq poisons », qui sont la distraction, la colère, l'avidité, l'orgueil et l'ignorance.
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Faire quelques exercices religieux
Ce n’est pas que la religion eût plus de prestige chez les Bororo : bien au contraire, elle allait de soi. Dans la maison des hommes, les gestes du culte s’accomplissaient avec la même désinvolture que tous les autres, comme s’il s’agissait d’actes utilitaires exécutés pour leur résultat, sans réclamer cette attitude respectueuse qui s’impose même à l’incroyant quand il pénètre dans un sanctuaire. Cet après-midi, on chante dans la maison des hommes comme préparation au rituel public de la soirée. Dans un coin, des garçons ronflent ou bavardent, deux ou trois hommes chantonnent en agitant les hochets, mais si l’un d’eux a envie d’allumer une cigarette ou si c’est son tour de puiser dans la bouillie de mais, il passe l’instrument à un voisin qui enchaine, ou même il continue d’une main en se grattant de l’autre. Qu’un danseur se pavane pour faire admirer sa dernière création, tout le monde s’arrête et commente, l’office parait oublié jusqu’à ce que, dans un autre coin, l’incantation reparte au point où elle avait été interrompue.
Levi-Strauss, Tristes Tropiques, 1955
"Je croirais plutôt que l'autorité des textes sacrés n'a eu aucun but autre que de faire accepter aux hommes ces articles et ces propositions qui, tout en étant nécessaires à leur salut, dépassaient toute capacité de raisonnement humain, et ne pouvaient être rendus crédibles par une autre science ou par d'autres moyens que par la bouche même de l'Esprit saint. Mais je ne pense pas qu'il soit nécessaire de croire que ce même Dieu qui nous a doués de sens, de raison et d'intellect, ait voulu en différer l'usage, et nous donner par d'autres moyens ces informations que nous pouvons nous procurer par leur biais ; cela surtout dans ces sciences dont les Écritures n'évoquent qu'une toute petite partie, et par des propositions fragmentaires. L'astronomie est justement une de ces sciences dont il est dit si peu de choses qu'il n'y est pas même fait mention du nom des planètes. Il est clair que si les premiers écrivains sacrés avaient eu l'intention de faire connaître au peuple les dispositions et les mouvements des corps célestes, ils n'en auraient pas dit si peu de choses, autant dire rien si on compare ce qui en est dit dans la Bible au nombre infini de propositions très complexes et admirables que contient cette science."
GALILEE, Lettre à Don Benedetto Castelli, 1613
Quel que soit le contexte historique dans lequel il est plongé, l'homo religiosus croit toujours qu'il existe une réalité absolue, le sacré, qui transcende ce monde-ci, mais qui s'y manifeste et, de ce fait, le sanctifie et le rend réel. Il croit que la vie a une origine sacrée et que l'existence humaine actualise toutes ses potentialités dans la mesure où elle est religieuse, c'est-à-dire : participe à la réalité. Les dieux ont créé l'homme et le Monde, les Héros civilisateurs ont achevé la Création, et l'histoire de toutes ces œuvres divines et semi-divines est conservée dans les mythes(…)
II est facile de voir tout ce qui sépare ce mode d'être dans le monde de l'existence d'un homme areligieux. Il y a avant tout ce fait : l'homme areligieux refuse la transcendance, accepte la relativité de la « réalité », et il lui arrive même de douter du sens de l'existence. »
Mircea Eliade, Le Sacré et le Profane , 1965
« Le fondement de la critique irreligieuse est: c’est l’homme qui fait la religion et non l’inverse. La religion est la conscience de soi qu’a l’homme qui ne s’est pas encore trouvé lui-même. Et l’homme, ce n’est pas un être abstrait blotti quelque part hors du monde. L’homme, c’est le monde de l’homme, la société, l’Etat. Cet Etat, cette société produisent la religion, conscience inversée du monde, parce qu’ils sont eux-mêmes un monde à l’envers. La religion est la théorie générale de ce monde. ]…[ Elle est la réalisation fantastique de l'être humain...]…[ Lutter contre la religion c’est donc aussi lutter contre ce monde là dont la religion est l’arôme spirituel.
La détresse religieuse est, pour une part, l’expression de la détresse réelle et, pour une autre, la protestation contre la détresse réelle. La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans coeur, comme elle est l’esprit de conditions sociales d’où l’esprit est exclut. Elle est l’opium du peuple.
L’abolition de la religion en tant que bonheur illusoire du peuple est l’exigence que formule son bonheur réel. Exiger qu’il renonce à une situation illusoire, c’est exiger qu’il renonce à une situation qui a besoin d’illusions.
La critique de la religion est donc dans son germe, la critique de la vallée des larmes, dont l’auréole est la religion. La critique de la religion détruit les illusions de l’homme pour qu’il pense, agisse et façonne sa réalité comme un homme sans illusions parvenu à l’âge de raison, pour qu’il gravite autour de lui-même, c’est à dire autour de son soleil réel. La religion n’est que le soleil illusoire qui gravite autour de l’homme tant que l’homme ne gravite pas autour de lui-même « .
Marx. Critique de la philosophie du droit de Hegel. 1843.